Les Hysteriades*
Christine Mananzar
* HYSTERIADE [isteʀijadə]. n. f. (1995 ; du gr. hustera « utérus » et Illiade poème épique). ♦ 1° th. mus. forme d’art lyrique contemporain, histoire courte, sorte de petite épopée, racontée sur un mode d’expression exacerbé : le chant. ◊ Par ext. titre du livret Hystériade ou la Vengeance d'Eurydice, tragi-comédie lyrique (MANANZAR). ♦ 2° n. pr. compagnie de théâtre musical : Les Hystériades.
A la suite de mon expérience d'actrice où j'interrogeais la relation du théâtre avec la danse, j'ai eu le désir d'expérimenter le rapport du théâtre avec la musique, en menant un travail dans le domaine du théâtre musical comme librettiste et metteuse en scène.
Ecriture puis mise en scène s'appuyant sur une composition musicale, voilà le processus de création auquel s'est ajouté, au gré de mes enthousiasmes, la mise en scène d'un répertoire léger inconnu ou revisité.
Les pièces de création alterneront désormais avec les œuvres de répertoire transcrites pour un ensemble instrumental léger ou un simple instrument.
La dernière mise en scène voit le texte être prépondérant sur la musique, et créer une adaptation poétique accompagnée par la musique.
L'ensemble de ces pièces ont des sujets à caractère mythologique (Eurydice), historique (Grande Guerre), sociétal (le genre avec les Dames), politique (dénonciation de la corruption dans la Verbena), écologique (Autour d'un Ver), anthropologique (Passeurs d'eau), et sémantique (le pouvoir du langage dans Le Voyage de Jean Paulhan à Madagascar).
Leurs formes contemporaines, sans psychologie jouent la rencontre entre le savant et le populaire, dans une écriture scénique toujours à la rupture du sens.
J'ai ainsi exploré la création contemporaine (Pécou, Sendrez), la musique nouvele (Boulanger, un mélange de musique vocale du classique au jazz), abordé le répertoire avec Offenbach, la chanson «savante» avec le cabaret du Chat Noir et «ouvert un nouveau continent» avec la Zarzuela.
Mon travail d'écriture originale se rapproche du scénario : simplicité du mot, légèreté, recherche de trouées afin que l'écriture musicale se pose en premier plan sur le texte. Je ne crois pas à la force d'une écriture poétique ou à une langue précieuse pour le livret. Ma démarche est à l'opposé : plus le mot est banal, plus la musique a de place pour exister. Le livret est un squelette, une structure; il n'est que dramaturgie : un corps mort ; la musique, les muscles et la chair. Un livret ne passe pas pour pièce de théâtre : sa langue est différente, en creux, infinitésimale, ordinaire presque quand la composition est luxuriante, savante, expansive...
Mettre en scène une pièce musicale, c'est de mon point de vue, mettre en scène la relation dialectique du texte et de la musique. Loin de moi l'illustration musicale par la mise en scène. Tout au contraire. La mise en scène doit ouvrir un espace, un entre-deux, creusant la relation entre théâtre et musique. C'est de cet étirement du sens entre les arts que naît l'espace scénique, expansé, agrandi jusqu'au point de rupture. Et c'est là que l'on entre dans cet espace symbolique propre au spectacle lyrique, qui ne représente pas la réalité, mais un «fantasme» ou plutôt une «fantasmagorie» dans laquelle les êtres ploient, ou pas, selon leur destin.
Mise en scène pour l'oreille, exigeante, qui propose une vision large, lui laissant la prépondérance.
Là aussi, la relation est dialectique, exposant le spectateur à une écoute en même temps qu'à une vision.
Christine Mananzar
actualités
En diffusion :
Le voyage de jean paulhan à madagascar
Création
D’après Les Hain-Tenys traduits du malgache par Jean Paulhan
Le Voyage de Jean Paulhan à Madagascar est une adaptation des Hain-Tenys traduits du malgache par Jean Paulhan, directeur de la NRF chez Gallimard durant quarante ans.
Il a recueilli ces proverbes, petites poésies en prose, lors de son séjour à Madagascar en 1907-1910.
Adaptées en saynettes pour un homme et une femme, complétées des pages extraites de son journal La Vie est plein de choses redoutables durant son séjour malgache, elles sont accompagnées de musique et de danse traditionnelles ainsi que des clichés du photographe documentariste Rijasolo et racontent la vie malgache : l’amour, le riz, les zébus, la valiha, les tabous, les ancêtres et le colonialisme...
en tournée :
Autour d'un ver

Pièce musicale
Création : 23 janv. 2016 | durée : 00H45
Sensibilisation écologique et poétique aux lombriciens, portée par un duo voix-batterie.
De ver en vers, pénétrez dans un monde de l’invisible, plein d’appétit et de sensualité !
Prémices du spectacle “Darwin, Marcel et moi”, ce texte mis en scène et en musique est aussi dense que fantaisiste, aussi drôle que savant. Il est consacré à la connaissance du lombricien (le ver de terre) et s’adresse à tous dès 12 ans.
Le texte s’inspire des travaux de Marcel Bouché (“Des Vers de terre et des Hommes” – Actes Sud 2014).